J’ai récemment vu Le film Le film Welcome qui montre comment un maître-nageur de Calais, incarné par Vincent Lindon, s’attache à un adolescent irakien immigré clandestin, arrivé à Calais. Le film de Philippe Lioret est un hymne à la liberté et à la fraternité. Mais aider un étranger en situation irrégulière est aussi en France un délit passible d’emprisonnement. C’est ainsi qu’en France :
• Le 18 février 2009, à 7 h 45 du matin, une bénévole des « Restos du cœur » et de l’association « Terre d’errance » est placée en garde à vue. Son délit est celui d’avoir aidé des personnes en situation irrégulière notamment en rechargeant leur portable. Depuis deux ans et demi, cette bénévole organisait les dons de nourriture et d’habits pour les migrants qui errent autour de Calais.
• Le 16 février 2009, du fait de l’arrestation d’un compagnon d’Emmaùs en situation irrégulière, le responsable de la communauté est placé en garde à vue et les locaux de l’association sont perquisitionnes par les services de police.
• Le 19 novembre 2007, ce sont deux intervenantes sociales travaillant pou France Terre d’Asile, oui dans le cadre d/un dispositif de protection de l’enfance financé par l’Etat, sont interpellées. Fouille au corps, perquisition, saisie de l’ordinateur personnel, transfert menottées à Coquelles dans le Pas-de-Calais et maintien en garde à vue pendant plus de 12 heures pour l’une et 24 heures pour l’autre, tout cela afin de vérifier leur éventuelle complicité d’aide au séjour irrégulier. Leur délit ? Avoir donné leur numéro de portable privé à des jeunes Afghans et leur avoir remis une carte attestant qu’ils font l’objet d’un suivi social. Finalement, le procureur conclura à une «générosité mal placée».
Ces cas sont emblématiques du climat d’intimidation des bénévoles et des travailleurs sociaux qui aident les migrants à vivre au jour le jour, voire pour certains à survivre. Ces citoyens ne font pourtant que décliner le triptyque républicain en n’oubliant pas son dernier terme, la fraternité.
L’objectif de ces intimidations est simple, parfois même assumé. Il s’agit de dissuader toute aide, toute solidarité, y compris familiale, envers des étrangers en situation irrégulière qui sont, dans” la majorité des cas, dans une détresse extrême.
Je pense que le « délit de solidarité » n’est plus acceptable c’est pourquoi avec les représentants du groupe socialiste, radical et citoyen de l’Assemblée nationale nous avons signé une proposition de loi visant à le supprimer.