CENTRE-VILLE.– Michel Sainte-Marie n’a pas pris sa décision pour les municipales et dénonce le caractère politicien du recours de Bernard Gonzalez contre la ZAC
Sud Ouest : La rumeur de votre candidature à la candidature s’amplifie. Est-elle devenue réalité ?
Michel Sainte-Marie : Non, car à l’heure où je vous parle ma décision n’est pas prise. Pour l’instant, je travaille. La médiathèque vient d’être inaugurée. Je suis tous les dossiers classiques, y compris l’urbanisme et la voirie. Et la ZAC centre-ville me préoccupe beaucoup. Sans compter l’énorme tâche liée à mon mandat de député. Je suis rapporteur de la commission Défense, chargé de l’espace, des communications et de la dissuasion. A ce titre, je rencontre de nombreux militaires et je reçois des visites. Quand j’aurais arrêté mon choix pour les municipales, j’en informerai en premier lieu, comme toujours, mes amis de la section socialiste de Mérignac. Puis j’en ferai l’annonce publique. Ce sera courant octobre.
Que pensez vous du recours déposé par votre opposant Bernard Gonzalez qui demande l’annulation du permis de construire de la ZAC centre-ville ?
C’est un préjudice pour tous les Mérignacais. Le renouveau du centre passe par l’arrivée du tramway et de la médiathèque. C’est fait. La ZAC est le troisième volet. Sur l’îlot 1 qui est visé, une centaine de commerçants ont posé leur candidature pour s’y installer. Nous en avons retenu vingt : un poissonnier, un boucher, un boulanger, un photographe, une brasserie, trois restaurants, une boutique de décoration-habillement… Ils se sont engagés dans un certain nombre d’investissements. Il s’agit de commerces complémentaires à ceux qui existent et qui attendent énormément de cette bouffée d’oxygène après avoir subi les travaux du tramway. Ceux qui doivent venir n’attendront pas trois ans. Ils partiront ailleurs.
Il y a aussi les acquéreurs de logements….
Le premier îlot de la ZAC en offre soixante-six sur trois cents. Il y a des personnes qui ont déjà vendu leur logement pour en acheter un ici et risquent de se retrouver en location pendant longtemps. Ils pâtiront eux aussi de ce recours comme l’ensemble des Mérignacais qui vont avoir une friche en plein coeur de ville alors que le projet est prêt à démarrer dans le mois qui vient.
Que dites vous des arguments de Bernard Gonzalez ?
Entre les deux recours gracieux et le recours devant le tribunal administratif, les arguments ne sont jamais les mêmes. Pour ce qui concerne les parkings - qu’il n’évoque pas devant la justice - on est allés au maximum possible avec 1,5 places en moyenne par appartement. On peut y remédier en imaginant par exemple du stationnement enterré derrière le Crédit agricole où la ville possède du terrain. Il dit que quatre étages c’est trop et il vient me parler de tours ! Je relève le caractère plus politicien que réel de cette démarche mais aussi l’aspect fluctuant de son argumentation qui est un vrai cafouillage.
Ce recours compromet-il l’aménagement de la place Charles-de-Gaulle ?
Oui. Il est prévu de créer une esplanade pour des animations devant la médiathèque et de supprimer le stationnement et les arbres. Mais on en plantera encore plus autour de la place qui sera ornée d’une fontaine et bordée de trottoirs plus larges. J’avais obtenu que la CUB inscrive des crédits dans le budget 2009. Si rien ne se fait, elle les affectera ailleurs. Le centre prend un sérieux coup avec ce recours qui n’a pas lieu d’être. Nous voulons un centre digne de la deuxième ville de Gironde. Je souligne aussi que le projet de la ZAC ne gêne pas la visibilité de la Vieille Eglise et que les Bâtiments de France ont donné leur aval. C’est un reproche de Thierry Millet.
Justement ce dernier, chef de file de la droite, s’est proposé comme médiateur. Que vous inspire son attitude ?
Je note d’abord que toute l’opposition n’est pas d’accord avec M. Gonzalez comme Mme Duprat, M. Arnaud et Mme Marbach. Quelle médiation ? C’est une habileté politicienne dans le cadre de la future élection. M. Millet assure qu’il n’y a eu aucune concertation transparente. Or le 28 septembre 2006, l’architecte et le promoteur animaient le conseil de quartier devant deux cents personnes dont M. Gonzalez qui aurait du faire des propositions à ce moment-là. Il dit aujourd’hui qu’il y a trop de logements sociaux sur cette ZAC. On ne veut pas que des demandeurs d’emploi et des professeurs des écoles logent au centre-ville ? Il est pour tous sans exclusive. Je suis radicalement aux antipodes de ce raisonnement et je flaire une manoeuvre politicienne. Je répondrai à M. Millet et je dis à tous que la politique n’a rien à voir avec ce dossier. Il faut se mettre au travail. Je fais un appel au civisme et au patriotisme de tous les Mérignacais pour que M. Gonzalez retire ce recours. Il n’en sera que plus respecté.
Propos recueillis par Dominique Manenc - SUD-OUEST Ed. Rive gauche sud - 09/10/2007
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